Choisir la race de son prochain chien d’arrêt
Choisir la race de son prochain chien d’arrêt
C’est une discussion qui dure depuis cent cinquante ans et qui ne se réglera pas ici. Mais elle se pose mal, presque toujours : on demande quelle race est la meilleure, alors que la seule question utile est de savoir laquelle correspond à ce que vous chassez, et où.
La vraie ligne de partage
Elle passe entre les britanniques — setters et pointer — et les continentaux — braques, épagneuls, griffons.
Les britanniques prennent le terrain à grands coups. Ils quêtent large, vite, arrêtent à distance, et demandent de l’espace : la plaine, la lande, les grands chaumes. Un pointer qui travaille bien, on le voit venir de deux cents mètres, et c’est un spectacle. Dans un bois de dix hectares, en revanche, il vous laissera seul très vite.
Les continentaux travaillent plus court et plus près. Ils fouillent le couvert, s’arrêtent à quelques mètres du fusil, et — c’est le point décisif pour beaucoup — ils rapportent, ce que les britanniques ne font pas d’office. Sur un terrain morcelé, en bois, en ronce ou au marais, c’est eux qu’on emmène.
Ce n’est pas une hiérarchie. Beaucoup de chasseurs en ont un de chaque, et alternent selon la journée.
Trois questions avant de choisir
Où chassez-vous vraiment ? Pas où vous rêvez de chasser — où vous allez douze dimanches par an. Un chien de grande quête sur trente hectares de bocage, c’est un malentendu qui dure douze ans.
Combien de temps pouvez-vous lui donner ? Certaines races demandent du travail toute l’année, pas seulement en saison. Un chien d’arrêt qui ne sort qu’en septembre devient un chien difficile en octobre.
Vivrez-vous avec lui ? Chenil ou maison, ce n’est pas le même chien qu’il faut. Le tempérament compte autant que le nez.
Au-delà des six qu’on cite toujours
L’épagneul breton, le setter anglais, le braque allemand, le pointer, le korthals et le gordon représentent l’écrasante majorité des chiens d’arrêt en France. C’est mérité, et c’est aussi un effet de masse : on prend ce qu’on a vu travailler.
Il y a pourtant vingt races dans ce groupe, et certaines mériteraient mieux que leur confidentialité. Le braque du Bourbonnais, sauvé de l’extinction dans les années 1970, est un chien de proximité remarquable. Le spinone italiano travaille lentement et méthodiquement, ce qui convient très bien à un chasseur qui ne court plus. Le Pont-Audemer, avec son toupet frisé, est fait pour le marais normand et il n’en reste presque plus.
Et après ?
Le choix de la race est la partie facile. Vient ensuite l’éleveur, la portée, et surtout les deux premières années — celles qui font qu’on aura un chien ou un compagnon de canapé.
Les vingt-six races de chiens d’arrêt ont chacune leur page chez nous, avec son dessin. Et si votre chien est déjà là, le configurateur accepte sa photo — c’est ce que font la plupart de ceux qui commandent chez nous.

